Dans l’industrie de la carrosserie, la formation professionnelle doit revoir ses fondations. Les travailleurs n’apprennent plus comme avant, les contenus circulent autrement, et les formats traditionnels peinent à suivre le rythme. La formation continue demeure la solution. Patrice M. Marcil, directeur de la formation – à l’échelle mondiale – chez Axalta Coating Systems, nous éclaire sur ce sujet.
Les formats classiques montrent leurs limites
Depuis longtemps, l’offre de formation en carrosserie se mesure en journée ou en blocs de 8 à 30 heures, souvent offerte que dans des centres spécialisés. Ces environnements contrôlés permettaient de se concentrer sur un procédé, un produit ou des habiletés générales essentielles au métier. Mais les travailleurs ne planifient plus leurs besoins de formation des semaines à l’avance. Ils veulent et doivent avoir accès à l’information au moment où le besoin survient, et le régler sans détour.
L’ère du contenu court et accessible
D’emblée, Patrice M. Marcil explique que « …la consommation d’information s’est déplacée vers des formats rapides : capsules vidéo, tutoriels ciblés, médias sociaux et réponses immédiates. Pour plusieurs, YouTube est devenu le réflexe premier, même pour des gestes techniques. Le risque est clair : l’information non vérifiée circule plus vite que les formations officielles ». Elle séduit par sa concision, mais elle peut mener à des pratiques approximatives. « Pour rester pertinentes, les organisations doivent offrir des modules courts, des vidéos précises, du « e‑learning » agile et des contenus accessibles en quelques secondes sur une plateforme disponible en tout temps » poursuit-il.
Quand le présentiel demeure essentiel
Il précise que « certaines compétences ne s’acquièrent pas derrière un écran. Les techniques d’application complexes, les gestes qui exigent un accompagnement serré, les ajustements fins…tout cela demande un instructeur, un atelier, un environnement réel ». Le présentiel reste donc indispensable pour développer des habiletés techniques de haut niveau.
Patrice M. Marcil conclut en soulignant que « …la formation en carrosserie n’a pas besoin d’être réinventée, mais rééquilibrée. Combiner formats courts et expertise en atelier, protéger la qualité de l’information tout en respectant les nouvelles habitudes d’apprentissage : voilà le défi! » L’industrie automobile progresse vite. Sa pédagogie doit avancer à la même vitesse.




