Entrés en vigueur le 8 juillet 2026, ces tarifs protègent le marché européen de la concurrence déloyale chinoise et pourraient rediriger des volumes vers l’Amérique du Nord.
L’Union européenne a officiellement mis en place des droits de douane antidumping sur les pneumatiques TC4 fabriqués en Chine, publiés au Journal officiel de l’UE le 7 juillet 2026 et entrés en vigueur le lendemain. Ces droits, issus d’une enquête initiée au printemps 2025, couvrent les pneus neufs destinés aux voitures de tourisme, aux VUS, aux camionnettes, aux autobus et aux camions légers. Trois niveaux de taxation ont été définis : 4,3 % pour Hankook (qui exploite des usines en Chine), 24,4 % pour une soixantaine de producteurs dont Continental, Goodyear, Pirelli et Kumho, et 45,3 % pour tous les autres.
Une décision motivée par une concurrence jugée déloyale
Selon la Commission européenne, les importations de pneus chinois ont bondi de 62 % entre 2021 et 2024, passant de 57 à 93 millions d’unités par an, et leur part de marché est passée de 18 % à 28 %. Dans le même temps, la part des fabricants européens a reculé de 7 %, ce qui a affecté leur rentabilité. Ces droits antidumping, institués pour une durée de cinq ans, visent à rétablir des conditions de concurrence équitables. Une seconde enquête portant sur les subventions publiques accordées aux producteurs chinois est toujours en cours et pourrait entraîner des droits supplémentaires d’ici la fin de 2026.
Pourquoi le Canada doit y prêter attention
Pour l’industrie canadienne des pneus, cette décision européenne est un signal à ne pas négliger. Des droits aussi élevés en Europe pourraient inciter les exportateurs chinois à réorienter leurs volumes vers d’autres marchés — dont le Canada —, ce qui accentuerait la pression sur les détaillants et les fabricants canadiens. Le Canada a déjà adopté des mesures similaires par le passé ; dans ce contexte, la vigilance des acteurs de l’industrie et des associations professionnelles est de mise pour anticiper tout déséquilibre concurrentiel sur le marché canadien des pneus.
Crédit image: Le journal du Pneumatique




