On se souvient rarement du diplôme qui a lancé une carrière. On se souvient presque toujours de la personne qui a dit oui quand tout le monde disait non.
Dans notre industrie, on cherche encore trop souvent le candidat clé en main : la bonne certification, le bon nombre d’années d’expérience, le CV sans trou. Pourtant, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre qui frappe autant les ateliers de mécanique que les centres de carrosserie et les détaillants de pneus, cette approche a ses limites. Les meilleurs employés que j’ai croisés au fil des années n’avaient pas toujours le parcours le plus impressionnant sur papier. Ils avaient autre chose : la volonté d’apprendre, la capacité d’écouter, et cette étincelle qu’aucun test d’embauche ne mesure vraiment.
Former quelqu’un sur le plan technique, c’est une question de temps et de bons outils. Développer le jugement, l’attitude et l’éthique de travail, c’est une tout autre affaire, et c’est souvent là que se joue la vraie différence entre un employé qui reste cinq ans et un autre qui repart après cinq mois. On peut enseigner à diagnostiquer un bruit de suspension. On n’enseigne pas la curiosité, ni l’envie de bien faire les choses.
Les gestionnaires qui réussissent à retenir leurs équipes ne sont pas nécessairement ceux qui offrent les meilleurs salaires. Ce sont souvent ceux qui ont pris un risque calculé sur une personne prometteuse, qui ont su le lui faire sentir, et qui ont continué à croire en elle-même dans les moments plus difficiles.
Vous avez déjà été cette personne qu’on a choisi de croire, ou vous avez vous-même fait ce pari sur quelqu’un dans votre atelier ou votre entreprise? Écrivez-nous : nous aimerions publier vos témoignages dans une prochaine édition d’Auto-Gestion.
Rémy Rousseau
Éditeur, Auto-Gestion
Crédit image : Générée par IA




