Turbulences dans l’industrie de la carrosserie : il est temps d’ajuster le cap

Par : Charles Aubry

Une baisse des réclamations qui bouleverse le marché

Depuis le début de l’année, le secteur de la carrosserie traverse une période de turbulences sans précédent. La baisse importante du nombre de réclamations d’assurance observée depuis février bouleverse l’équilibre économique de nombreuses entreprises et force l’industrie à revoir ses stratégies.

Traditionnellement, les réparations liées aux réclamations d’assurance constituent le principal moteur économique des ateliers de carrosserie et génèrent des occasions de réaliser des travaux complémentaires payés par le client. Lorsque les véhicules accidentés se font plus rares, cet effet d’entraînement disparaît.

Les grands centres se tournent vers de nouveaux marchés

Pour maintenir leur volume, les grands centres de collision se tournent vers des segments qu’ils délaissaient auparavant, notamment les travaux sous garantie des concessionnaires et le reconditionnement des véhicules d’occasion.

Cette migration exerce une pression considérable sur les petits ateliers, qui dépendaient largement de ces marchés pour assurer leur rentabilité.

Une transformation qui dépasse la conjoncture

Les technologies d’aide à la conduite (ADAS), les systèmes de prévention des collisions et l’évolution des habitudes de déplacement contribuent progressivement à réduire la fréquence des accidents.

Pendant plusieurs années, la pandémie et les problèmes d’approvisionnement ont masqué cette réalité. Aujourd’hui, les données indiquent une diminution d’environ 15 % des collisions comparativement à la période prépandémique, une tendance qui pourrait s’accentuer.

Des conséquences déjà visibles au Québec

Les effets sont déjà visibles partout au Québec. Des ateliers ferment leurs portes, certains propriétaires choisissent de vendre leur immeuble, tandis que d’autres convertissent leurs terrains en projets immobiliers.

S’attacher et ajuster le cap

Comme un pilote qui demande aux passagers d’attacher leur ceinture avant d’entrer dans une zone de turbulences, les dirigeants d’ateliers doivent dès maintenant adapter leur stratégie.

Pour plusieurs, cela passera par une spécialisation : restauration, traitement de la corrosion, gestion de flottes ou autres créneaux permettant de diversifier les revenus.

Pour ceux qui souhaitent demeurer dans la réparation de collision moderne, les certifications des constructeurs (OEM) deviendront un avantage concurrentiel important. Dans un marché où le volume diminue et où la complexité des véhicules augmente, la compétence, la spécialisation et la qualité seront les meilleurs outils pour assurer la pérennité des entreprises.

Ceux qui sauront anticiper les changements, ajuster leur cap et se différencier seront les mieux placés pour traverser les turbulences.

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