Immigration : un dur coup pour l’industrie automobile québécoise

white printed paper

Un texte de Karim Mouldi de Canari Recrutement International

Les récentes annonces du gouvernement de la CAQ sur l’immigration inquiètent l’industrie automobile, déjà fragilisée par la pénurie de main-d’œuvre. L’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), le durcissement des conditions du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) et l’introduction d’une exigence de français risquent de bouleverser l’équilibre du secteur.

Fin du PEQ et quotas réduits

Le PEQ, qui permettait aux travailleurs étrangers d’obtenir plus rapidement la résidence permanente, sera aboli d’ici la fin de 2025 (il était à toute fin pratique déjà fermé). Les entreprises devront dorénavant passer par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), plus long, plus restrictif et surtout complétement incertain.

Moratoire et durée limitée des permis

En parallèle, le gouvernement prévoit limiter le nombre de permis de travail temporaires à 65 000 d’ici 2029, contre plus de 200 000 en 2025.

Le moratoire sur les EIMT à bas salaire (moins de 34,62 $/h) est prolongé jusqu’au 31 décembre 2026 dans Montréal et Laval. Ailleurs au Québec, ces demandes demeurent possibles, mais les permis accordés ne dépasseront pas un an, compliquant la planification du personnel et l’investissement du cout du permis de travail.

Nouvelle exigence de français

À compter du 17 décembre 2025, les travailleurs étrangers ayant cumulé trois ans au Québec devront démontrer un niveau 4 de français selon l’Échelle québécoise, une exigence qui s’appliquera pleinement dès décembre 2028.

Un secteur en tension

Les travailleurs étrangers représentent plus de 30 % de la main-d’œuvre dans l’industrie automobile. Avec ces nouvelles règles, plusieurs entreprises redoutent une perte de stabilité du personnel, une hausse du salaire moyen de l’atelier et une réduction de la compétitivité dans un secteur déjà en manque de relève locale.

Face à la hausse des salaires imposée et aux contraintes administratives, les ateliers ne pourront pas absorber seuls ces augmentations de coûts. Les compagnies d’assurances devront éventuellement réviser leurs allocations horaires afin de refléter la réalité du marché et d’assurer la viabilité des entreprises qui peinent déjà à maintenir leurs marges.

Photo par Metin Ozer

Partager cet article