L’industrie de la carrosserie entre dans l’ère de l’IA

Par : Michael Hlista

L’intelligence artificielle transforme rapidement le secteur de la carrosserie. Elle ne remplace pas les techniciens ni les estimateurs, mais permet aux ateliers de travailler plus vite, plus uniformément et avec moins de charge administrative. Face à la hausse des coûts, à la pénurie de main-d’œuvre et aux attentes accrues des clients, l’IA devient un levier majeur d’efficacité.

Auto-Gestion s’est entretenu avec Bill Brower de Solera, vétéran de 35 ans d’expérience, qui a vu l’évolution des réclamations passer des estimations manuscrites et photos Polaroïd aux systèmes alimentés par l’IA.

Une évolution portée par la numérisation

La numérisation des dernières années a permis l’émergence de systèmes de gestion d’atelier, d’estimation par photo et de plateformes connectées. Ces outils ont créé la base de données nécessaire à l’IA actuelle, qui optimise les estimations et la prise de décision.

En analysant des millions de dossiers, l’IA apprend en continu. Par exemple, si une pièce est plus souvent remplacée que réparée, elle ajuste automatiquement ses recommandations. « Elle devient plus intelligente à mesure qu’elle est utilisée », explique Brower.

Rapidité et cohérence des décisions

Pour les ateliers et assureurs, les gains principaux sont la rapidité et la cohérence. L’IA génère des estimations plus rapidement et standardise les décisions entre les intervenants.

« L’IA est constante », souligne Brower. « Elle applique les mêmes règles à chaque fois. »

Elle améliore aussi l’expérience client en réduisant les délais. Une estimation peut être produite en quelques minutes plutôt qu’en plusieurs jours. Pour les ateliers, cela permet également aux estimateurs de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée.

Exemple concret en atelier

Le groupe CARSTAR Torcam, qui exploite quatre ateliers en Ontario, illustre cette transformation. Avec la solution d’IA de Solera, les véhicules sont photographiés, analysés et estimés en quelques minutes, puis validés sur place avec un estimateur.

Résultat : le temps d’accueil est d’environ 20 minutes, les cycles de réparation ont diminué de 25 % et les ventes mensuelles ont augmenté de 17 %, grâce à une meilleure fluidité opérationnelle.

Une technologie déjà bien implantée

Pour Brower, ces résultats confirment que l’IA n’est plus expérimentale. Elle est déjà intégrée dans les opérations quotidiennes des ateliers et continue de se développer.

« C’est le moment le plus stimulant de l’industrie », conclut-il.

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