Par Charles Aubry
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 33 000 emplois perdus au Canada en mars dernier, auxquels s’ajoutent les 4 000 travailleurs mis à pied à l’usine Stellantis de Windsor. Pour moi, ce sont des signes clairs d’une récession imminente.
Fort de 30 années d’expérience dans l’industrie automobile, j’ai appris à anticiper les crises et à repérer les opportunités qu’elles peuvent dissimuler. D’abord reconnu dans le secteur de l’après-marché, j’y ai découvert comment transformer l’adversité en levier de croissance. Aujourd’hui, ma réputation s’est solidifiée dans le domaine de la carrosserie, un secteur que je considère toujours comme résilient et riche en potentiel.
La récession de 2008-2009 reste gravée dans ma mémoire. Étrangement, elle s’est révélée bénéfique pour moi. Avec des budgets plus restreints, les consommateurs ont réappris à entretenir leurs véhicules eux-mêmes. Rotors, plaquettes de freins… tout se vendait ! YouTube, avec ses innombrables tutoriels, est devenu une ressource incontournable pour ceux qui souhaitaient économiser sur les réparations.
Aujourd’hui, plusieurs indicateurs laissent croire que le scénario pourrait bien se répéter.
Les concessionnaires risquent de souffrir de cette situation à court terme. Notamment avec un ralentissement des ventes de véhicules neufs et des conditions de financement plus contraignantes. Par contre, dans le domaine de la carrosserie comme dans l’après-marché, les besoins demeurent présents. Les accidents ne prennent pas de pause, et les réparations resteront une nécessité.
Ce qui changera, en revanche, c’est la manière de gérer et de planifier les opérations. Plus que jamais, il faudra rassurer les clients, notamment quand vient le moment de payer leur déductible. Je demeure convaincu que ceux qui resteront ouverts à l’adaptation, humains et bien organisés survivront à ces turbulences, et même en sortiront plus forts.
Chaque période difficile offre une opportunité. C’est à nous de choisir comment on veut la vivre.



