Par Karim Mouldi de Canari
Le secteur québécois de la mécanique automobile et de la carrosserie de véhicules lourds fait face à une pression croissante liée au resserrement des règles entourant le recours aux travailleurs étrangers temporaires.
Le seuil salarial de référence, établi autour de 34,62 $/h, est jugé difficile à soutenir pour plusieurs PME régionales déjà touchées par la hausse des coûts d’exploitation. Certains employeurs envisagent donc des permis de travail d’un an permettant une plus grande flexibilité salariale, mais cette solution entraîne des renouvellements administratifs fréquents et fragilise la stabilité de la main-d’œuvre.
Des critères d’admissibilité plus stricts
Les critères d’admissibilité se sont également durcis. Alors qu’un diplôme secondaire suffisait auparavant dans certains programmes, les autorités exigent maintenant davantage un diplôme d’études professionnelles (DEP) en mécanique. Cette évolution crée un décalage avec la réalité du terrain, où plusieurs travailleurs expérimentés possèdent les compétences pratiques recherchées sans répondre aux nouvelles exigences académiques.
Un programme essentiel, mais plus complexe
Le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), administré par Service Canada et le MIFI, demeure essentiel pour combler les besoins du secteur. Toutefois, les employeurs doivent désormais démontrer plus rigoureusement l’absence de candidats locaux, leurs efforts de recrutement au Canada, la conformité salariale et la justification détaillée des postes demandés. Cette complexification augmente les délais de traitement et limite la capacité opérationnelle des entreprises spécialisées.
Parallèlement, la rareté de main-d’œuvre qualifiée entraîne une hausse continue des salaires, forçant les entreprises à revoir constamment leurs structures de rémunération pour demeurer compétitives.
Les ateliers réorganisent leurs stratégies
Face à cette réalité, plusieurs ateliers réorganisent leurs stratégies : recours à des partenaires spécialisés en recrutement international, amélioration de la formation interne et intégration progressive des travailleurs étrangers afin de soutenir le transfert de compétences et la productivité.
Trouver un équilibre durable
Le défi demeure de trouver un équilibre entre les exigences réglementaires, la compétitivité des entreprises et les besoins réels du marché. Réduire la dépendance aux travailleurs étrangers peut être un objectif légitime, encore faut-il qu’une main-d’œuvre canadienne qualifiée et disponible soit prête à occuper ces postes spécialisés.
Crédit texte et image : Karim Mouldi




